prédication de Paques 2018  
 
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                           PÂQUES 2018

 

 

La Nuit

 

 

Je vous invite ce matin de Pâques à retrousser vos manches, à prendre votre courage à deux mains pour pousser la pierre, la pierre qui bouche tous les tombeaux qui enferment les hommes dans la nuit. Nuits que l’existence nous impose, nuits dans lesquelles nous nous confinons nous-mêmes.

Pâques célèbre la victoire de la vie sur la mort, la mort sous toutes ses formes.

Nos vies peuvent prendre à certains moments l’aspect d’un tombeau, lorsqu’elles se replient sur elles mêmes, lorsqu’elles ne s’illuminent plus pour les autres, lorsqu’elles tournent en rond et qu’elles deviennent indifférentes ou lorsque tout simplement elles vivotent dans l’ennui. Mais aussi plus tragiquement lorsqu’elles se trouvent malgré elles aux prise avec la douleur de vivre que tant de mots peuvent générer : maladie, vieillesse, handicap, peur et angoisse diverses. Autant d’éléments qui expriment dans le fond la précarité et l’inquiétante finitude de l’existence qui précipite dans le découragement du non sens. A quoi bon nos combats nos efforts nos désirs, s’ils ne sont porteurs que de promesses sans lendemain ?

N’est-ce pas là déjà l’une des figures du tombeau lorsque le sentiment de vivre est épuisé et que l’horizon est bouché ?

La résurrection n’est pas un antidote à tout cela, elle n’est pas un antidote à la mort, parce que la mort est bien réelle, comme la maladie est bien réelle, comme la vieillesse et le deuil sont bien réels.

 

 

La VIE

 

 

Que dit l’évangile ?

Jésus est bien mort mais sa vie n’en est pas restée là. L’évangile fait état de  sa résurrection qui n’est pas évoquée par la restitution d’un récit  factuel  mais qui s’est manifestée dans l’expérience vécue par les disciples. Ce qu’ils avaient découvert auprès de Jésus ce qu’ils avaient ressentis en le côtoyant de son vivant  les avaient rendu sensible à une autre dimension de la réalité,  que seule l’amour permet d’approcher. En suivant Jésus, ils avaient découverts une vie différente libérée des entraves de toutes sorte. Les obstacles de touts nature, la haine la jalousie, les ressentiments, ne barraient plus les chemins de l’accès à soi et aux autres. On devenait capable d’entendre la basse continue du monde . Les couleurs les parfums, enchantaient et révélaient l’âme au fond de toutes choses. Et puis la nourriture de ses paroles rassasiaient parce qu’elles ne parlaient que d’amour. Il donnait envie d’aimer, d’aimer tout, toute la vie, le monde, les autres quel qu’ils soient ; les rejetés, les démunis les plus petits et Dieu, bien sûr parce que pour lui la grandeur divine résidait dans la  bonté et la bienveillance.

Oui la vie était bien là dans toute sa magnificence, dans toute sa beauté, dans toute sa puissance. La vie s’accomplissait dans l’acte d’aimer. Jésus incarnait cet acte d’aimer de façon divine, absolue. Cet amour offert à la création entière les avaient touché pénétrée et son emprunte demeura indélébile. Elle s’intensifia après la mort de leur Seigneur et ami, comme si l’absence rendait davantage palpable la nature profonde de ce qui fut partagé, générant une vision sur un autre type de présence : l’image du ressuscité.

Certains y voient l’effet d’un mécanisme psychologique compensatoire que la douleur de la perte génère parfois, d’autres verront une hallucination, d’autres évoqueront la saisie d’un état de conscience inspirée.

Peu importe, chacun est libre de penser ce qu’il veut. On constate cependant l’impact des aprioris à l’œuvre dans l’exercice de l’interprétation.

Le regard du croyant est lui influencé comme celui des disciples par le regard que le Christ portait sur les choses du monde. S’élevant à la hauteur de vue que fixait ce regard la vie revêtait une autre dimension, prenait une autre importance, une autre consistance dont la résurrection rendait témoignage.

La résurrection dans le champ de cette expérience dévoile ce qu’elle est : Un mouvement plus qu’un état, c’est quand le cœur de l’homme s’ouvre à l’inouïe de l’amour, à son infinité et à toutes les métamorphoses qu’il suscite.

 

 

Métamorphose, transformation.

 

 

Oui métamorphose !

 

Le philosophe, écrivain, poète, François Cheng qui est croyant tient un propos qui laisse entendre que nos actes, nos folies, nos erreurs, nos réussites, nos rires, nos larmes, nos joies, nos tristesses, nos amours ratés, blessés, sublimés, … rien de tout cela ne sera perdu dans l’économie divine, tout sera transformé dans la perspective de la résurrection, résurrection déjà à l’œuvre ici maintenant, aujourd’hui, comme l’évangile de Jean le déclare lorsqu’il prête à Jésus des paroles comme celles adressées à Marthe à la résurrection de Lazare.

« crois-tu en la  résurrection ? «  demande-t-il à la femme en pleurs.

« Je crois en la résurrection au jugement dernier » rétorque-t-elle.

Jésus apporte une autre réponse qui deviendra l’un des socles du message chrétien. « Je suis la résurrection et la vie et qui croit en moi même s’il meurt vivra » ; Il ne s’agit pas d’un futur lointain.

Penser la résurrection, c’est penser le Christ vivant en nous, c’est ressentir combien la vie qu’il promu, qu’il a porté, qu’il a vécu bat dans nos veines, mais attention, vivre la résurrection n’implique pas obligatoirement de nommer le Christ,, sa vie n’est propriété de personne, elle bat, elle agit dans tout acte d’amour vrai. Partout où la vie prend le dessus  , partout où la métamorphose est agissante, lorsque les larmes séchées, consolées, deviennent perles de lumière, lorsque les peurs laissent place à la confiance, lorsque le cri devient chant, lorsque l’homme couché se redresse, lorsque se manifeste le désir d’ËTRE, d’être soi dans sa vérité profonde, dépris des images construites pour se protéger, pour se rassurer voir s’imposer, être soi, être un cœur ouvert, comme le tombeau fut ouvert ce matin là, c’est ressusciter.

Lorsque l’homme devient prochain participant à la métamorphose du monde brille alors la lumière de la résurrection.

 

 

 

 

 

La Lumière

 

 

A la sortie du tombeau, sous les traits d’un jeune homme en blanc apparaît un ange qui s’adresse aux femmes. Peut-être s’agit-il de notre conscience, lumière dans la nuit, dans nos nuits qui montre un chemin. Il renvoie les femmes vers le lieu d’où elles venaient ; la galillé, à la mémoire du temps vécu avec leur maître, leur ami.

Aucune des paroles aux quelles elle avaient cru, aucune action qu’elles avaient vu de leurs yeux ne leur semblaient irréelles, perdues ou infirmées, certainement pas par le vendredi saint où tout sembla s’arrêter. Ce retour sur soi les conforta dans leur foi fondé sur cette parole : « Je suis la vie » apposé désormais comme un sceau dans leur cœur .

Pour elles comme pour nous désormais plus rien ne sera comme avant, même si tout semble continuer comme avant, même si la terre continue de tourner une lumière brille. Poussons la pierre, la nuit se métamorphose, un jour se lève, le matin de pâques, c’est le matin de tous les jours. Joyeuses pâques à vous tous.

                   Amen                            JP Leclerc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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